1900 est un homme. Il a été nommé ainsi car il est né sur un navire transatlantique à l'aube du 20ème siècle et a été recueilli par l'équipage. Il y a grandi et y passe sa vie. Comme il le dit si bien, il n'a pas besoin d'aller voir le monde car c'est le monde qui vient à lui, par vagues successives de passagers.
J'ai bien sûre été peu surprise finalement de découvrir qu'il s'agissait de l'adaptation cinématographique du livre Novecento de l'excellent Alessandro Baricco. Je ne l'avais pas lu mais j'avais déjà grandement apprécié la finesse et la poésie de Soie ou de Océan Mer.
Si vous ne connaissez pas Baricco, je vous le recommande pour de beaux moments de détente et d'évasion.

Extrait:
"Ca arrivait toujours à un moment ou à un autre, il y en avait un qui levait la tête... et qui la voyait. C'est difficile à expliquer. Je veux dire... on y était plus d'un millier, sur ce bateau, entre les rupins en voyage, et les émigrants, et d'autres gens bizarres, et nous... Et pourtant, il y en avait toujours un, un seul sur tous ceux-là, un seul qui, le premier... la voyait. Un qui était peut-être là en train de manger, ou de se promener, simplement, sur le pont...ou de remonter son pantalon... il levait la tête un instant, il jetait un coup d'œil sur l'Océan... et il la voyait. Alors il s'immobilisait, là, sur place, et son cœur battait à en exploser, et chaque fois, je le jure, il se tournait vers nous, vers le bateau, vers tous les autres, et il criait (adagio et lentissimo): l'Amérique. Et puis il restait là, sans bouger, comme s'il devait rentrer dans la photo, avec la tête du type qui se l'est fabriquée tout seul, l'Amérique."


